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samedi 31 décembre 2011

Le givre

Le givre
Mon Dieu ! Comme ils sont beaux
Les tremblants animaux
Que le givre fait naître
La nuit sur ma fenêtre.
Ils broutent les fougères
Dans un bois plein d’étoiles
Et l’on voit la lumière
A travers les corps pâles.
Il y a un chevreuil
Qui me connaît déjà ;
Il soulève pour moi
Son front d’entre les feuilles.
Et quand il me regarde
Ses grands yeux sont si doux
Que je sens mon cœur battre
Et trembler mes genoux.
Laissez-moi, o Décembre !
Le chevreuil merveilleux
Je resterai sans feu
Dans ma petite chambre.
Maurice Carême
(Elle est belle cette poésie ! Je sens que les élèves de "Chérie" vont l'avoir à apprendre !)

samedi 31 janvier 2009

C'est tout un art d'être canard


C’est tout un art d’être canrard

C’est tout un art d’être canard
C’est tout un art
D’être un canard
Canard marchant
Canard nageant
Canards au sol vont dandinant
Canards sur l’eau vont naviguant
Etre canard
C’est absorbant
Terre ou étang
C’est différent
Canards au sol s’en vont en rang
Canards sur l’eau s’en vont ramant
Etre canard
Ça prend du temps
C’est tout un art
C’est amusant
Canards au sol vont cancanant
Canards sur l’eau sont étonnants
Il faut savoir
Marcher, nager
Courir, plonger
Dans l’abreuvoir
Canards le jour sont claironnants
Canards le soir vont clopinant
Canrds aux champs
Ou sur l’étang
C’est tout un art
D’être un canard.

Claude Roy

mercredi 14 janvier 2009

Nuit de neige

Nuit de neige

La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois.

Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaumes.
L'hiver s'est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l'horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu'elle darde,
Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant ;
Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglasI
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas.

Guy de Maupassant